Révision de la loi sur le renseignement : le Conseil fédéral renforce la détection précoce et la défense contre les menaces
Le Conseil fédéral a adopté le message relatif au paquet de base de la révision de la loi sur le renseignement (LRens) et l'a transmis au Parlement. Le Conseil fédéral améliore ainsi notamment la détection précoce et la défense contre les menaces liées au terrorisme, à l'extrémisme violent, à l'espionnage et aux cyberattaques. Parallèlement, la révision renforce la surveillance indépendante du Service de renseignement de la Confédération (SRC).

La situation de la menace s'est fortement aggravée dans le monde entier, y compris pour la Suisse. Depuis 2020, les menaces que le Service de renseignement de la Confédération (SRC) traite en priorité se sont multipliées. Il s'agit entre autres du terrorisme, de l'extrémisme violent, de l'espionnage, des cyberattaques, de la prolifération des armes de destruction massive et des attaques contre les infrastructures critiques.
La révision de la LRens est conforme à la stratégie du Conseil fédéral en matière de politique de sécurité. Ce dernier a ouvert la procédure de consultation sur la stratégie en décembre 2025 et a chargé les départements de commencer à la mettre en œuvre. De plus, avec cette révision, le Conseil fédéral met en œuvre des exigences formulées par le Parlement et ses commissions depuis l'introduction de la LRens en 2017.
La révision de la LRN se fait en plusieurs parties. Premièrement, le présent paquet de base prévoit entre autres des modifications des dispositions relatives aux mesures d'acquisition, à la conservation des données et à la surveillance. Deuxièmement, un paquet supplémentaire comprendra en premier lieu des mesures contre les cybermenaces ; la consultation à ce sujet est prévue pour mi-2026. Troisièmement, les exigences en matière de reconnaissance radio et par câble, qui découlent d'un arrêt du Tribunal administratif fédéral de novembre 2025, seront mises en œuvre. Cela se fera séparément afin de permettre une intégration minutieuse dans la LND et de ne pas retarder les paquets en cours. Si des possibilités d'accélérer la mise en œuvre des exigences du Tribunal administratif fédéral se présentent au cours du processus de révision, le SRC les exploitera en conséquence.
Le présent paquet de base prévoit trois axes principaux :
Détection précoce et lutte contre les menaces graves
Le SRC a pour mission de détecter et d'empêcher à temps les menaces contre la sécurité intérieure ou extérieure. Afin qu'il puisse mettre en œuvre cette mission dans un contexte de menaces accrues, le Conseil fédéral élargit le mandat à l'ensemble du cyberespace et adapte les instruments du SRC.
En cas de menace grave d'extrémisme violent, il sera possible à l'avenir de recourir aux mêmes mesures d'acquisition soumises à autorisation (GEBM) qu'aujourd'hui, par exemple en cas de terrorisme. Désormais, le SRC pourra également collecter des données auprès des intermédiaires financiers (banques et autres prestataires de services financiers) en cas de menaces graves, telles que le financement du terrorisme ou l'espionnage. En outre, l'Office fédéral de la police fedpol devrait à l'avenir pouvoir prononcer des restrictions de sortie de Suisse, y compris contre des extrémistes violents.
Ces mesures visent à lutter contre les menaces graves pesant sur la sécurité intérieure ou extérieure de la Suisse. Toutes les MDCS sont limitées dans le temps et soumises à des conditions strictes. Le Tribunal administratif fédéral doit examiner et approuver chaque mesure. S'il approuve la mesure, celle-ci doit en outre recevoir l'aval politique du chef du DDPS.
En raison des critiques émises lors de la consultation, le Conseil fédéral a renoncé à la proposition de permettre la surveillance de personnes soumises au secret professionnel en tant que tiers sous certaines restrictions - par exemple les avocats ou les médecins et leurs auxiliaires.
Précision de l'information sur les câbles et renforcement de la surveillance indépendante
La reconnaissance par câble sert à surveiller le trafic de données transfrontalier afin de détecter des événements importants pour la politique de sécurité à l'étranger. Il est précisé ici que sont exclus de la reconnaissance par câble non seulement les ressortissants suisses, mais aussi tous les habitants de la Suisse. Cela correspond déjà à la pratique en vigueur. En outre, le délai de prolongation des mandats d'exploration doit être étendu à six mois, ce qui tient compte du caractère stratégique de cette mesure d'acquisition et décharge le Tribunal administratif fédéral.
En contrepartie, la surveillance indépendante sera renforcée, notamment en matière d'exploration radio et par câble. Les tâches de l'actuelle Autorité de contrôle en matière d'exploration des fréquences radio et des câbles (UKI), active à titre accessoire, seront reprises par l'Autorité indépendante de surveillance des activités de renseignement (AB-ND), active à plein temps. Les compétences de surveillance seront ainsi regroupées au sein d'une seule autorité. La DBC-ND doit en outre bénéficier de compétences élargies : Elle pourra désormais collaborer avec des autorités de surveillance étrangères, informer directement les autorités cantonales de ses recommandations et demander son budget directement au Parlement.
Nouvelle réglementation complète des traitements de données et adaptations de la protection des données
Le traitement des données du SRC est réglementé de manière globale et neutre sur le plan technologique et adapté à la loi sur la protection des données qui entrera en vigueur en 2023. Parallèlement, le droit d'accès sera simplifié et également adapté à la nouvelle loi sur la protection des données. En outre, une voie de recours non prévue dans l'actuelle loi sur le renseignement sera introduite, qui permettra à la personne demandant des renseignements de faire examiner par le Tribunal administratif fédéral le traitement des données la concernant et le report des renseignements fondé sur la loi sur le renseignement.



