Sécurité dans l'entrepôt : un chariot élévateur n'est pas un jouet

Du point de vue de la sécurité et de la santé au travail, les chariots élévateurs sont des outils de travail très appréciés. En effet, ils soulagent considérablement les opérateurs lors de la manutention de charges. Toutefois, leur utilisation comporte des risques ; c’est pourquoi tout le monde n’est pas autorisé à utiliser n’importe quel chariot de manutention.

Quiconque conduit un chariot élévateur assume une grande responsabilité en matière de sécurité. (Photo : depositphotos/Dmyrto_Z)

Quiconque conduit un chariot élévateur assume une grande responsabilité. Risques de renverser des personnes, de collision avec d’autres véhicules, de chute de charges ou de renversement : les risques d’accident sont considérables, et cela commence dès que l’on monte ou que l’on descend de l’engin. C’est donc pour de bonnes raisons que son utilisation est soumise à des restrictions.

Ce que l'on appelle généralement « chariot élévateur » ou « chariot à fourches » est désigné, dans le jargon de la sécurité au travail, par le terme « engin de manutention ». La CFST définit les engins de manutention comme des appareils circulant au sol et destinés au levage et au transport de charges. Ils sont classés en deux catégories : S et R.

Catégorie S

Les chariots de manutention de la catégorie S comprennent les modèles sans siège conducteur et ceux conçus exclusivement pour la manutention horizontale de marchandises. Ces engins, tels que les tracteurs, les transpalettes, les chariots à conducteur accompagnant ou les préparateurs de commandes, sont considérés comme des véhicules ne présentant pas de dangers particuliers ; leurs risques d'accident sont relativement faibles. Les chariots élévateurs de la catégorie S peuvent donc être utilisés dès l’âge de 15 ans. La condition préalable est toutefois que l’utilisateur ait préalablement reçu une formation dispensée par un spécialiste, attestée par un certificat de formation écrit.

De plus, l'employeur doit s'assurer que les candidats sont aptes à occuper ce poste en raison de leur fiabilité et de leur sens des responsabilités. Ils doivent également posséder les connaissances de base nécessaires pour comprendre les aspects techniques et physiques du métier.

Catégorie R

La catégorie R regroupe les chariots de manutention équipés d'un siège conducteur et ceux destinés à la manutention verticale de marchandises. Ces chariots peuvent soulever des charges au-dessus de la tête, ce qui rend leur conduite plus exigeante et plus dangereuse. La catégorie R comporte plusieurs sous-catégories, allant de R1 à R4. La catégorie R comprend non seulement les chariots élévateurs à contrepoids classiques (R1), mais aussi tous les chariots télescopiques (R4) et d'autres types de chariots tels que les chariots à siège transversal et les chariots pour rayonnages en hauteur (R2), ainsi que les chariots latéraux et les chariots à quatre voies (R3).

En raison des risques accrus d'accident, les futurs conducteurs doivent être âgés d'au moins 18 ans et obtenir un permis de conduite de chariot élévateur (voir encadré). En règle générale, les candidats présentant des handicaps physiques tels que des troubles de la vue ou de l'ouïe, un temps de réaction insuffisant ou certaines maladies comme l'épilepsie ou une tendance à la perte soudaine de conscience (évanouissement) ne sont pas aptes à exercer cette profession.

 
 

Ce qu'il faut savoir sur le permis de conduite de chariot élévateur

Toute personne souhaitant conduire un chariot élévateur (catégorie R) doit être titulaire d'un permis de conduire pour chariot élévateur. En effet, la conduite d'un tel engin de manutention est considérée comme un « travail présentant des risques particuliers » au sens de l'article 8 de l'ordonnance sur la prévention des accidents (OPA). C’est pourquoi l’employeur doit non seulement sélectionner avec soin ses caristes, mais aussi veiller à ce qu’ils reçoivent une formation et des instructions spécifiques. Après avoir suivi une formation spéciale, le candidat reçoit une attestation de formation. À cela s'ajoute une formation pratique sur l'utilisation du chariot élévateur au sein de l'entreprise.

La formation de cariste peut également être dispensée en interne, à condition que les formateurs soient âgés d'au moins 23 ans, justifient de 3 ans d'expérience dans la conduite de chariots élévateurs et soient qualifiés en tant que formateurs (instructeurs de conduite de chariots élévateurs). Le permis de conduite de chariot élévateur n'est alors valable que pour le site de l'entreprise concerné. Si la formation est suivie dans un centre de formation officiellement reconnu par la Suva, le permis de conduite est valable sur l'ensemble du territoire suisse.

Les personnes ayant obtenu un certificat de conduite de chariot élévateur dans un autre pays ne peuvent pas le faire reconnaître officiellement en Suisse. Une formation étrangère peut toutefois être considérée comme suffisante, à condition qu'elle soit équivalente aux exigences suisses et qu'elle corresponde à l'état actuel de la technique. Il incombe à l’employeur de s’en assurer, le cas échéant en consultation avec la Suva. En cas de doute, le candidat peut passer une journée d’examen.

Remarque : les caristes qui, en tant que ressortissants de l’UE/AELE ne disposant pas de domicile permanent en Suisse, fournissent dans ce pays une prestation de services d’une durée maximale de 90 jours par an, ne doivent – contrairement aux grutiers – ne sont pas tenus de se soumettre à une procédure de déclaration pour exercer leur activité de cariste en Suisse.

 

Auteur

Friedhelm Kring

Journaliste indépendant, spécialisé dans la sécurité au travail

kring.fr

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